La gestion par projet est-elle compatible avec la gestion des risques organisationnels?

Quand la gestion ou la conduite du changement sont alignées à la gestion par projet, il est facile de négliger la gestion des risques organisationnels et opérationnels. Et pourtant…

Gérer les risques : deux exemples

Comme spécialiste en gestion du changement, il est difficile de faire valoir l'importance de gérer les risques organisationnels qui vont bien au-delà des risques de projet. Plusieurs exemples me viennent en tête.

Une organisation manufacturière implante un système SAP

L’équipe de projet était prête à livrer le système pour le long week-end de septembre. Nos analyses de risques opérationnels ont démontré que les impacts sur la productivité de l'usine, en pleine période de pointe et de période de vacances étaient grands. Il a fallu prouver avec des chiffres ce qui semblait évident : le service aux clients allait être lourdement ralenti, ce qui est tout à fait inacceptable dans leur industrie.

Le point de vue de l’équipe de projet était clair : implanter ou payer des pénalités de l'ordre de 250 00 $ par mois aux fournisseurs. Heureusement, nous avons eu l'opportunité de démontrer les risques opérationnels à la haute direction.

Le choix est clair: risquer de perdre une partie de la clientèle et donc des revenus futurs importants qui se chiffraient dans les millions, ou payer une pénalité de 250 000 $ par mois, quelques mois.

Une entreprise pharmaceutique et un système intégré de gestion

Lors de l’implantation dans une première usine, l'entreprise suit les recommandations du chargé de projet se sentant dépassée par la complexité.

Misant sur la livraison du projet à temps, dans les budgets et avec les fonctionnalités attendues, ils négligent l'ampleur des impacts humains.

Résultats : la mise en service du système est suivie d'une perte de productivité énorme. Après trois mois, ils sont dans l'impossibilité de répondre aux délais de livraison et ont perdu un de leurs plus gros clients nationaux.

Deux histoires qui se ressemblent, mais dont les issues diffèrent.

  • Premier cas :  On a bien géré les risques organisationnels.
  • Second cas : Ces risques n’ont pas été pris en compte.

Osez utiliser ces exemples pour convaincre vos dirigeants de bien attacher toutes les ficelles avant de choisir d'implanter pour en finir avec des projets qui sont toujours trop longs. Qu'en pensez-vous?

Manon Champagne,
Co-fondatrice, présidente et conseillère stratégique
Aplus